Le point de vue du Guardian sur l'Éthiopie: le changement est bienvenu, mais doit être assuré | Editorial | Opinion


Eles thiopiens pourraient être pardonnés de leur scepticisme lorsque leur nouveau Premier ministre, Abiy Ahmed, a promis des réformes radicales au printemps dernier. La coalition au pouvoir, le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien, qui l’a nommé, a joué avec le changement en 2005 – pour revenir à sa forme autocratique habituelle. Maintenant, la méfiance a été remplacée par un véritable enthousiasme; la transformation se déroule à une vitesse vertigineuse. Mais les obstacles et les périls sont également plus clairs.

M. Abiy, 42 ans, a suivi des changements symboliques avec des actions plus substantielles. Son président, son juge en chef et la moitié de ses ministres sont des femmes. Il a libéré des milliers de prisonniers politiques et de journalistes, avant d'arrêter de hauts responsables pour violations des droits de l'homme et corruption. Il a annulé les interdictions imposées aux groupes d'opposition et invité un dissident en exil à la tête du bureau électoral. Les prochains scrutins sont prévus pour 2020. La dernière fois, aucun député de l'opposition n'a été élu. Les ouvertures de M. Abiy à l'Érythrée ont conduit à la fin d'un conflit de longue durée. Il a supervisé la réunion des dirigeants sud-soudanais qui a produit un accord de paix fragile mais désespérément nécessaire. Cela – avec le rapprochement qui a suivi l’Érythrée avec la Somalie et Djibouti – a conduit le secrétaire général de l’ONU António Guterres à parler d’un «vent d’espoir soufflant dans la Corne de l’Afrique».

Pourtant, l'Éthiopie a connu une augmentation alarmante de la violence ethnique aux multiples facettes. Plus d'un million de citoyens ont été déplacés l'année dernière. Les contrôles étatiques se sont relâchés dans un pays où les divisions et les rivalités sont ancrées: l'EPRDF a fortement promu l'identité ethnique comme base de mobilisation, y compris à travers le système complexe de fédéralisme ethnique qu'il a introduit. Certains craignent que l'appareil de sécurité ne sache comment faire face aux affrontements par d'autres moyens que les anciennes méthodes brutales. Cet automne, après avoir été critiqué pour sa gestion des troubles, le gouvernement a détenu plus de mille personnes dans des camps militaires pour «réhabilitation». Il est à craindre que les plans de M. Abiy pour réorganiser l’économie, y compris la privatisation des entreprises d’État, puissent en enrichir certains mais entraver les progrès en matière de réduction de la pauvreté. Toute perception que certains profitent de la vente d'actifs de l'État pourrait être incendiaire.

Trop de choses reposent actuellement sur M. Abiy. Une préoccupation est que le leadership charismatique peut glisser dans un pouvoir personnel incontrôlé. Un autre est que tout leader cherchant à changer doit combattre de puissants intérêts. L'EPRDF est déchiré par la concurrence entre ses quatre partis ethniques et les rivalités institutionnelles et personnelles. Le président du parti Tigré a récemment accusé M. Abiy de "chercher à mettre à genoux le peuple tigréan". Son poste de premier ministre a vu une attaque à la grenade contre l'un de ses rassemblements et l'arrivée de soldats en colère dans son bureau; il dit qu'ils voulaient le tuer. Son désamorçage de cette situation faisait allusion à son adresse; ses antécédents militaires lui ont certainement été utiles. Étant donné que l'EPRDF était jusqu'à l'année dernière dominée par le Tigré, son ascension en tant qu'Oromo (avec une mère Amhara) reflète ses compétences en tant que politicien ainsi que les manifestations oromos qui ont déclenché la démission de son prédécesseur.

Mais avec seulement un an avant la date des élections, il n'y a toujours pas de feuille de route politique appropriée de la part du gouvernement. Des progrès rapides sont nécessaires dans la réforme des lois répressives. Certains voudraient voir une nouvelle constitution démanteler le fédéralisme ethnique, même si la prudence la plus suspecte empêchera M. Abiy d'un changement aussi radical. Son bilan à ce jour est incontestablement impressionnant. Mais les développements qu’il a mis en branle dans le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique ne peuvent être garantis que par des institutions.

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Editorial – Djibouti | The Guardian

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