« En trois ans, ce virus a plus transformé l’économie mondiale que bien des révolutions »


La colère a été trop forte. En dépit des interdictions, des caméras et de la police, ils sont descendus ce week-end du 26 et 27 novembre dans les rues de Pékin, Shanghaï, Canton ou Wuhan. La jeunesse chinoise n’en peut plus, et pour la première fois depuis son accession au pouvoir, le président Xi Jinping est fragilisé. Sera-t-il la prochaine victime d’un minuscule virus qui en trois ans a plus transformé l’économie mondiale que bien des révolutions ? Le 17 novembre 2019, un premier cas de covid 19 était signalé dans la ville de Wuhan, le 23 janvier 2020, la ville est entièrement bouclée.

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Trois ans, trois histoires. 2020 fut l’année des confinements et des politiques massives de soutien budgétaire des Etats pour éviter l’effondrement. 2021 fut celle d’une reprise d’autant plus vigoureuse qu’elle a été stimulée par les aides gouvernementales. La logistique, désorganisée par la pandémie, ne suit plus, les pénuries s’installent, les tarifs grimpent. 2022 sera celle du réveil de l’inflation… et des banques centrales. Le conflit en Ukraine ajoute un peu d’essence à ce cocktail inflammable. Les prix montent en flèche, notamment dans l’énergie, et les taux d’intérêt remontent à une vitesse jamais vue depuis quarante ans.

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Pour synthétiser ce basculement, l’hebdomadaire The Economist a compilé les valorisations boursières des 500 premières entreprises américaines, rassemblées dans l’indice S&P 500. A sa manière, parcellaire et agitée, cette évolution raconte l’histoire du point de vue des entreprises. Premier constat, le retour des fondamentaux. A commencer par l’énergie, carburant de toute croissance économique.

L’argent cher

Depuis les années 2010, les valeurs énergétiques étaient largement dépassées par les stars de la technologie. Début 2020, Facebook (renommé Meta) valait deux fois plus cher que le premier pétrolier américain Exxon. Depuis cette date, les valeurs énergétiques ont largement rattrapé leur retard. Ce secteur est celui qui a le plus progressé en trois ans, largement devant les gloires de l’Internet. Aujourd’hui, c’est Exxon qui vaut deux fois plus cher que Facebook/Meta. Individuellement, les deux vedettes de la progression boursière traduisent aussi cette nouvelle donne : un laboratoire pharmaceutique, Moderna, avec une hausse de 800 % et un constructeur automobile, Tesla, en progression de 550 %.

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Grands gagnants de la dernière décennie, Google, Amazon, Facebook, Netflix ou Apple ont profité des périodes d’argent peu cher, voire gratuit, pour investir massivement dans les centres de données, les réseaux de câbles, la production de contenus, les magasins. C’est désormais fini, l’argent devient cher, et un cycle nouveau s’amorce, moins favorable.



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