Attentat de Moscou : Macron dénonce des propos "baroques et menaçants" des Russes

L’Otan fête ce jeudi ses 75 ans d’existence, plus que jamais préoccupée par l’Ukraine. Née le 4 avril 1949, l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord a « bâti l’alliance la plus forte de l’histoire », s’est félicité mercredi son secrétaire général Jens Stoltenberg. Soixante-quinze plus tard, l’Europe est « confrontée à une guerre d’une ampleur que l’on croyait révolue », a estimé Jens Stoltenberg.

Le secrétaire général de l’Otan n’a pas caché son inquiétude quant à la situation sur le front en Ukraine, demandant aux Alliés de rapidement répondre aux « besoins urgents » de ce pays en munitions, artillerie et surtout en moyens de défense antiaérienne. Les troupes russes sont prêtes à des pertes considérables pour des gains territoriaux minimes, avec « très peu de respect pour la vie humaine », a-t-il relevé. « C’est pourquoi la situation sur le front est si difficile », a-t-il martelé. L’Otan veut s’engager durablement aux côtés de l’Ukraine, en difficulté face aux forces russes, et a commencé mercredi à discuter d’un fonds d’aide de 100 milliards d’euros pour mieux soutenir Kiev. Cette proposition suscite toutefois le scepticisme parmi certains des Etats membres de l’organisation, qui s’interrogent sur le financement d’un tel fonds.

Les infos à retenir

⇒ Macron fustige des propos « baroques et menaçants » de la Russie

⇒ Zelensky dénonce une attaque russe « méprisable » sur Kharkiv, qui a fait 5 morts

⇒ Le président finlandais a signé un accord de sécurité avec l’Ukraine

Macron dénonce des propos « baroques et menaçants » des Russes

Emmanuel Macron a dénoncé jeudi des « commentaires baroques et menaçants » des Russes après l’entretien la veille entre les ministres de la Défense des deux pays Sébastien Lecornu et Sergueï Choïgou qui a donné lieu « à une manipulation de l’information » dans le compte-rendu fait par Moscou.

La Russie a laissé entendre que les services secrets français pourraient être impliqués dans l’attentat de Moscou alors que l’initiative de cet échange avait justement pour but de transmettre à la Russie « des informations utiles » sur les origines de cet attentat, selon le chef de l’Etat qui s’exprimait en marge de l’inauguration du centre aquatique des Jeux olympiques à Paris.

Cinq morts dans des frappes russes sur Kharkiv

Au moins cinq personnes sont mortes et une dizaine d’autres blessées dans la nuit de mercredi à jeudi à la suite de nouvelles frappes russes visant Kharkiv, la deuxième ville d’Ukraine, et la région de Soumy (nord-est), ont annoncé les autorités. A Kharkiv, située non loin de la frontière avec la Russie, trois secouristes sont décédés lors d’une « seconde frappe » sur un lieu qui venait d’être bombardé dans un « quartier densément peuplé de Kharkiv », a annoncé le maire Igor Terekhov.

Au total, douze personnes ont été blessées au total « à des degrés divers », a-t-il dit. Le ministre de l’Intérieur, Igor Klimenko, a dénoncé sur Telegram une frappe « cynique ». Les trois secouristes, tous des hommes, avaient 32, 41 et 52 ans, selon lui. Un quatrième secouriste fait partie des blessés.

« Une attaque méprisable et cynique » a tué une civile et trois sauveteurs qui venaient d’arriver sur les lieux d’une première frappe, s’est insurgé sur Telegram Volodymyr Zelensky, qui appelle depuis des mois les Occidentaux à lui fournir davantage de systèmes de défense aérienne.

Paris dément avoir évoqué avec Moscou un possible « dialogue » sur l’Ukraine

La France n’a exprimé aucune « disposition à dialoguer » avec Moscou sur la guerre en Ukraine pendant l’échange téléphonique entre le ministre français des Armées et son homologue russe, a assuré mercredi soir à l’AFP l’entourage de Sébastien Lecornu.

Le ministre russe a affirmé pendant cet entretien « être prêt à reprendre le dialogue sur l’Ukraine » mais « la France n’a accepté ni proposé quoi que ce soit » sur ce sujet, a souligné l’entourage du ministre français, démentant les affirmations du gouvernement russe selon lesquelles Sébastien Lecornu et Sergueï Choïgou se seraient montrés mercredi « disposés à dialoguer » concernant le conflit en Ukraine.

Berlin, Paris et Varsovie appellent à « ne pas se reposer sur ses lauriers »

Dans une déclaration commune diffusée mercredi, la ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock et ses homologues français, Stéphane Séjourné, et polonais, Radoslaw Sikorski, ont insisté sur la nécessité pour les Alliés de rester aux côtés de l’Ukraine. « Nous ne devons pas nous reposer sur nos lauriers, nous devons assumer le fait que ce moment peut définir l’avenir dans lequel nos enfants vivront », soulignent ces ministres des Affaires étrangères, qui appellent dans cette déclaration tous les pays de l’Otan à consacrer au moins 2 % de leur PIB aux dépenses militaires. Cet objectif avait été fixé en 2014 par l’Alliance mais seuls une vingtaine de ses membres ont atteint ce seuil.

L’Ukraine réclame de ses alliés davantage d’aide militaire face à l’armée russe, désormais à l’offensive sur le terrain et qui pilonne les infrastructures énergétiques ukrainiennes. « L’Ukraine est actuellement le seul pays au monde qui se défend contre des missiles balistiques presque chaque jour », a affirmé mercredi le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kouleba sur X, à son arrivée au siège de l’Otan. C’est pourquoi, « tous les missiles Patriot » – utilisés pour la défense antiaérienne – disponibles dans le monde devraient être envoyés en Ukraine « dès que possible », a-t-il estimé.

Le président finlandais signe en Ukraine un accord de sécurité

Le président finlandais Alexander Stubb a signé mercredi un accord de sécurité avec l’Ukraine au cours d’un déplacement à Kiev, où il a rencontré Volodymyr Zelensky et annoncé une nouvelle aide comprenant des munitions et de la défense antiaérienne. Dans cet accord qui porte sur dix ans, la Finlande promet de « continuer à fournir un soutien militaire, politique et financier à long terme » à l’Ukraine « aussi longtemps qu’il le faudra ».

L’Ukraine a signé ces dernières semaines des accords bilatéraux de sécurité avec sept autres pays partenaires, cherchant à consolider ses alliances occidentales au moment où son armée est en difficulté face aux troupes russes.

Mercredi, Alexander Stubb a également annoncé « un 23e paquet » d’aide à Kiev, qui « représente 188 millions d’euros d’aide principalement militaire ». « Il comprend, entre autres, de la défense aérienne et des munitions lourdes », a-t-il précisé lors d’une conférence de presse conjointe avec Volodymyr Zelensky, sans donner plus de détails.



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