Guillaume Meurice licencié de Radio France pour faute grave




Suspendu d’antenne après avoir réitéré, le 28 avril, sur France Inter une blague du 29 octobre 2023 sur le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, qu’il qualifiait d’« une sorte de nazi mais sans prépuce », Guillaume Meurice a été licencié pour faute grave. Il s’est vu notifier par courrier la « rupture anticipée » de contrat. Dans un e-mail interne aux salariés, la PDG de Radio France, Sibyle Veil, regrette surtout la « déloyauté répétée » de l’humoriste.

« Cette décision, je l’ai prise pour déloyauté répétée à l’égard de l’entreprise. Je connais les interrogations que la procédure disciplinaire avait suscitées, c’est pourquoi je tiens à vous en expliquer les raisons. D’abord, ni la liberté d’expression ni l’humour n’ont jamais été menacés à Radio France. Plusieurs chroniqueurs ont d’ailleurs librement exprimé sur nos antennes leur soutien à Guillaume Meurice. Il y a quelques jours, l’un d’entre eux me comparait à Donald Trump et imaginait que mes décisions me faisaient l’usage d’un vibromasseur. Quand on entend cela, on peut se dire que la liberté d’expression a peu à craindre », écrit-elle.

Ancienne conseillère à l’Élysée de Nicolas Sarkozy, Sibyle Veil a la réputation de demander conseil aux personnalités politiques. Selon nos informations, elle a d’ailleurs rencontré l’ex-président qui lui a dit : « Vous auriez dû licencier Meurice en octobre ! »

Mise en garde de l’Arcom

La PDG de Radio France assure que c’est la mise en garde de l’Arcom qui estimait que cette chronique avait « porté atteinte au bon exercice par Radio France de ses missions et à la relation de confiance qu’elle se doit d’entretenir avec l’ensemble de ses auditeurs » qui l’a poussée à agir de la sorte. Un argument néanmoins discutable. Les mises en garde de l’Arcom arrivent assez souvent dans l’audiovisuel et cela ne veut pas dire qu’il y aurait eu une amende comme celles infligées ces derniers mois à C8 et CNews.

À LIRE AUSSI La fausse révolution de France Inter « Après sa chronique qui avait créé beaucoup d’émoi chez nos auditeurs, j’avais demandé à Guillaume Meurice de faire preuve de responsabilité en formulant un mot d’apaisement, à sa façon. Je considère que l’ouverture et l’écoute des auditeurs sont une force de cette maison, pas une faiblesse. Il a fait le choix inverse. Au lieu d’apaiser, il a envenimé la polémique des mois durant. Dans son livre et dans ses interventions médiatiques, il a proféré des insinuations non seulement fausses mais gravement préjudiciables à France Inter et à Radio France, allant jusqu’à mettre en doute l’indépendance et l’impartialité de notre travail. Au mépris de l’intérêt du collectif, il a nourri les arguments les plus infondés de nos détracteurs », poursuit Sibyle Veil dans son courriel.

Et la PDG de Radio France de conclure : « Nous devons avoir le souci de ne pas abîmer davantage une société déjà traversée par bien des divisions et des fractures […]. Le droit à l’erreur vaut pour tous et vaut bien sûr dans le domaine de l’humour. Mais le sens du bien commun vaut également pour tous, y compris pour les humoristes. »

Dans un post sur le réseau X, Guillaume Meurice a interpellé notamment Pascal Praud, Eugénie Bastié, Éric Zemmour et Marine Le Pen en écrivant : « Bravo. Cette victoire, c’est avant tout la vôtre ! »




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